Les trois frères Bithé à Baroung : triple impact à Narbonne


Arts Martiaux. Les trois frères Bithé à Baroung, Serge, Joël et Pharelle, mènent de concert une carrière sportive faite de palmarès et de partage.

« On a parfois tendance à nous confondre ! » Il faut dire que Serge (42 ans), Joël (39 ans) et Pharelle (30 ans) partagent de nombreuses choses… à commencer par un physique et une musculature plutôt intimidants. Ces trois frères passent d’autant moins inaperçus qu’ils officient comme agents de sécurité dans différents commerces du centre-ville : peut-être avez-vous donc déjà croisé ces imposants gaillards, dont la carrure n’a cependant pas été dictée par la nécessité de dissuader d’éventuels voleurs. Les frangins sont avant tout de grands sportifs… ou plutôt de grands combattants. Une vocation qui les nourrit depuis toujours, et les guide sur un chemin jalonné de titres et de défis.

Le plus fascinant avec Serge, Joël et Pharelle, c’est d’observer comment chaque membre du trio a servi de détonateur aux deux autres à un moment où à un autre. L’histoire débute ainsi au Cameroun (leur pays natal) dans les années 90, lorsque Serge (après s’être notamment essayé au basket et au foot) décide de se mettre au taekwondo et au karaté. « Les duels en face à face, les coups spectaculaires… ça a éveillé quelque chose ». Et pas seulement chez lui.

Joël lui emboîte en effet le pas, découvrant même par la suite le sambo, art martial originaire de l’ancienne URSS qui deviendra l’une de ses disciplines de prédilection. Mais au même moment, le tout jeune Pharelle succombe lui aussi à l’appel des tatamis. « J’avais 5-6 ans à l’époque, se souvient-il. Je regardais mon frère s’entraîner, et quand il avait terminé, j’y allais à mon tour. J’ai appris le karaté comme ça, sur le tas, dans des conditions pas vraiment optimales. Mais je me suis donné à fond ». Car contrairement à ses deux frères, qui pratiquaient d’abord pour le plaisir du sport, Pharelle pense compétition… et vise juste. Très tôt. Il n’est pas encore adolescent lorsqu’il devient champion du Cameroun… titre qu’il remportera à cinq autres reprises, tout en devenant deux fois vice-champion d’Afrique. Et en s’initiant à son tour au taekwondo.

Parti vivre cinq années en Russie, Pharelle sera trois fois champion national, montant aussi sur la première marche du podium du championnat du monde junior. Une véritable pluie de médailles, dont il serait trop long de dresser ici une liste exhaustive.

« Je dois avoir des prédispositions pour les sports de combat », confie humblement celui qui s’est également frotté aux « cages » de MMA. Mais ce don évident se double aussi d’une formidable capacité à tirer les autres vers le haut (lire ci-dessous)… à commencer par ses propres frères.

« Pharelle avait commencé après nous, et remportait déjà plein de titres », s’exclame Joël. En 2002, ce dernier se lance donc dans le taekwondo : il sera médaillé de bronze aux Jeux internationaux de Valencia en 2009, puis deux ans plus tard à la Coupe d’Espagne. Quant à Serge, il décroche à 35 ans, en 2010, la médaille d’or de la Coupe d’Afrique. « Lever l’étendard de mon pays fut un immense honneur, insiste-t-il, encore ému. Bien sûr, j’ai beaucoup travaillé pour en arriver là. Mais c’est aussi grâce à l’impulsion de mon petit frère ! »

Ces trois-là sont d’ailleurs si complices dans leur quête permanente de performances, qu’on s’étonne à peine qu’ils aient fini par se rejoindre ici, à Narbonne, où Pharelle s’installa le premier en 2011. Le trio se partage ainsi entre boulot, entraînement, vie associative et compétitions, avec déplacements aux quatre coins de l’Europe. Pas évident. Mais ils ne s’imagineraient pas exister sans cette dose de challenge les incitant inlassablement à aller toujours plus loin, et à repousser sans cesse les limites de leurs talents de combattants.

Le 20 octobre prochain, Joël s’envolera ainsi pour St-Petersbourg, défier le champion de Russie de sambo. Quant à Pharelle, il s’est offert une nouvelle aventure à la hauteur de ses facultés hors-norme. « J’ai repris la compétition en janvier dernier, après m’être arrêté quatre ans pour m’investir au plan associatif ». L’occasion d’être sacré champion de France de karaté contact à Nîmes… mais ça n’était pas assez. « Je voulais décrocher un titre dans une discipline que je n’avais encore jamais pratiquée ! » Résultat : Pharelle est aujourd’hui vice-champion de France de savate boxe française… et disputera dans trois mois la finale du championnat du monde. « Je prépare ce combat avec mes frères et André Soulier, le coach du club Narbonne savate Méditerranée », précise-t-il.

On résume. Il y a sept mois, Pharelle s’attaque à la boxe française ; à la fin de l’année, il sera peut-être numéro un mondial. « Non, corrige-t-il. Pas peut-être ». L’assurance d’un homme qui n’a « plus rien à prouver », et se sait surtout porté par deux frères tout aussi costauds en dehors du ring. Des guerriers qui ont compris depuis longtemps que la victoire se conquiert en équipe, bien avant le début du combat.

  • Le cœur sur le poing

    Se dépasser, c’est beau : aider les autres à faire de même l’est davantage encore. Il y a trois ans, Pharelle lançait ainsi, à Narbonne, le « Pharelle budo club ». « Je voulais transmettre mon expérience », résume-t-il. Partager, donc, et pas avec n’importe quel public. « Je souhaitais toucher des jeunes de quartiers populaires, pouvant rencontrer des difficultés à accéder à la pratique du sport ».
    Le prof-combattant s’est notamment rendu à la cité des Platanes, formant trois jeunes de la communauté gitane. Et dévoilant une autre facette de son talent : le coaching. « Deux d’entre eux ont été sacrés champions de France de karaté contact », annonce-t-il en effet.
    S’ajoute aussi, au sein du club, un champion de France senior. Pharelle démontrait avec brio qu’en matière de réussite et de victoire, l’origine sociale n’a pas son mot à dire… à partir du moment où chacun se voit offert l’opportunité de donner libre cours à sa motivation.
    Ce constat n’a pas non plus échappé à Serge, le grand frère. Il y a à peine trois semaines, ce dernier créait « Cotaecadi », collectif destiné à créer des liens, partout dans le monde, entre les pratiquants de taekwondo issus de la diaspora camerounaise. « Le but, c’est de mettre en contact les uns et les autres afin de monter des manifestations pour favoriser le développement du taekwondo sur le continent africain en général, et au Cameroun en particulier », explique Serge.
    Organisation d’exhibitions pour recueillir des fonds, acheminement de matériel sur place… Les trois frères ne manquent pas d’idées. Parce que bien sûr, ils font tout ensemble : le don de soi est décidément une affaire de famille… qu’il s’agisse de « tout sacrifier » pour préparer un tournoi ou d’amener les arts martiaux vers le plus grand nombre.
    La preuve : le « Pharelle budo club » vient d’ouvrir une antenne dans une zone « extrêmement pauvre » du nord du Cameroun.
     



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How Acid Attacks Impact Women And Girls Worldwide


Calls to restrict sales of acid in the UK and toughen the law against those who use it to commit crimes will reach a crescendo on Monday (July 17) with a debate in parliament. Among them is Resham Khan’s who was attacked on her 21st birthday in London.

“I refuse to allow the country I grew up in to simply get used to corrosive substance attacks,” she says in a compelling open letter, published the week her perpetrator was charged with grievous bodily harm. “The fear is real. The crime is real.” And she’s right.

Thousands of women worldwide, including Bangladesh, Nepal and Uganda, are suffering like Resham from brutal acid attacks that cause life-changing injuries and hinder their ability to contribute fully to society.

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These international attacks disproportionately affect women and girls due to gender inequality. In most cases they are triggered by land disputes, the refusal of sexual advances or marriage proposals and the failure to pay dowry. And acid is used as a weapon in large part due to how accessible it is and unreported for fear of reprisal. Perpetrators aim for the face in particular as the resulting scars force women and girls into hiding, thus stripping them of their human rights.

ActionAid has a long history of working with survivors of acid attacks in Bangladesh, where sulphuric acid is easy to get hold of due to the country being a major exporter of colourful textiles and using it to scar a woman’s face functions as a public mark of shame.

One of these survivors is Khodaja Khatun (pictured above). She was just 15 and her daughter Sonali (pictured below), just 18 days old, when they were attacked with acid while sleeping. The attack was from another family member as a result of a land dispute.

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“I became so worried about the future and the challenges that could come up, because my daughter’s face and mine were so distorted,” she says. “Though I didn’t know what the future would hold, I knew it would never be the same”.

Another survivor is Nurun Nahar. She was 15 years old when she was attacked by a 17 year old boy she refused to enter a relationship with. “I think it is worse than if you were to kill a human being,” she says. “If you are a survivor from an acid attack you will always be reminded of your condition.”

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The situation is horrific but not without hope. Grassroots women’s rights organisations are the key to tackling this. ActionAid has worked with them in the past to monitor the use and sale of acid, improve laws to make it harder for perpetrators to escape punishment and change the mindsets of people who see this form of violence as an easy way to settle disputes, for example. This includes the Acid Survivors’ Network, which Nurun founded in 2007 to help others like her.

This year (March 8), ActionAid also held a fashion show in Dhaka, Bangladesh to empower survivors and raise awareness of their situation. The event, called Beauty Redefined, featured 15 models challenging superficial notions of beauty. It was another step towards undermining the impact of this violence and bringing survivors the support and justice they deserve to rebuild their lives.



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